Comme
tous les Français d'Algérie, j'ai au
cœur et dans
ma vie les
stigmates de
cette
guerre
cruelle.
Mais
les miens sont différents de ceux d'un
adulte, car
je n'avais
pas seize ans
lors
de mon exil.
Au
fil de ces pages, je vous les
dévoile. Je
les ai longtemps, trop longtemps tus.
"
Il ne fait que me revenir, il est enfin de retour - mon propre Moi,
et
voici toutes les parties de lui-même qui furent longtemps
à l'étranger
et
dispersées parmi toutes les choses et tous les hasards. "
Frédéric
NIETZSCHE
(Ainsi
parlait Zarathoustra - Le voyageur)
J'ai
vécu prés de huit années d'enfer en pension
chez les
jésuites.
J'ai
perdu mon Ange gardien, mon Père,
à
l'âge de 12 ans et demi.
J'ai
perdu mon confident, mon cousin Claude
MAZELLA assassiné
à 15 ans.
J'ai
perdu mon amour d'enfance, parce
que nous n'avions pas la même race
et soi-
disant
le même pays. Mais
pourtant, tous deux nous rêvions
d'un
même monde
à
construire ensemble.
J'ai
perdu mon royaume, ces rues d'Alger
que je parcourais à
l'insu des
décideurs
et concepteurs de mon
avenir.
J'ai
perdu à jamais mes espoirs d'adolescent,
dans un pays qui me rejette
toujours.
J'ai
découvert ma tache originelle marquée
étranger, car je ne suis pas :
"
Sang
de France ", mais seulement un
" Sang de Pied-Noir " .
J'ai
découvert en Béarn, un Soleil qui
m'a fait accepter de rester vivre ici.
Voila
! Je vous livre mes angoisses passées,
mes douleurs, mes
cauchemars
et aussi
mes colères...